Le west highland white terrier (westie)

 

Histoire

       Comme le précise son nom, le West Highland White Terrier est originaire d’une région située à l’ouest de l’Ecosse, région formée à l’origine de hauts plateaux qui maintenant érodés, ont laissé place à un paysage rocailleux plein d’éboulis et de landes où les petits terriers solides et agiles faisaient merveille pour chasser dans cette montagne sauvage les différents gibiers vivant, tels que loutres, blaireaux, lapins, renards et chats sauvages.

 

       Il fallait bien sûr un chien susceptible de suivre le gibier dans les moindres recoins rocheux, sous les racines, dans les terriers et ceci parfois même dans l’obscurité, au gré du vent, de la pluie et des embruns. Ces chiens chassaient en meute avec beaucoup de tempérament, une grande intelligence, un courage sans faille et une infinie patience ; ils se battaient jusqu’à la mort plutôt que de reculer devant un adversaire. Une autre caractéristique des terriers est l’attirance et le respect qu’ils possèdent naturellement envers l’homme, ce qui en fait de très dévoués compagnons.

 

       En 1774, Olivier Goldsmith donnait cette description du chien de terrier : « C’est un petit chien à poil dur, utilisé pour forcer le renard ou le blaireau hors du terrier ou plutôt pour signaler par des aboiements réguliers dans quelle partie du terrier se cache l’animal pour que le chasseur puisse intervenir pour le déterrer. »

 

       Cette description nous rappelle que le Westie est un chien qui devrait aboyer fort et le plus régulièrement possible pour permettre à son maître de déterrer le gibier. Il ne faudra donc pas s’étonner si certains sujets donnent encore de la voix de nos jours, cela fait partie de leur précieux héritage.

 

       De nombreuses races ont leur historique que minutieusement décrit par des anciens manuscrits et leur morphologie illustrée par des gravures ou des sculptures détaillées.

 

       Ce n’est pas le cas de notre Westie dont l’histoire se perd dans les brumes écossaises et , bien que son fantôme hante certainement quelques demeures, il est difficile de retracer son histoire. Presque tous les terriers sont originaires d’Angleterre mais le clan sympathique des « Ecossais » se compose de 5 terriers bas de pattes : le Cairn Terrier, le Scottish Terrier, le Dandie Dinmont Terrier, le Sky Terrier et le West Highland White Terrier.

 

       Avec un corps plus allongé, de type presque basset, le Dandie et le Sky se différencient nettement de leurs trois autres cousins très proches de morphologie et partageant très certainement les mêmes ancêtres. Le Scottish dont les couleurs varient du froment clair au noir en passant par les argentés et les bringés a parfois des tâches blanches au menton ou au poitrail, signe d’un ancêtre ayant du blanc, tout comme le Cairn qui existe dans toutes les couleurs unies sauf blanc, et se trouve parfois également affublé d’un plastron, d’un menton ou de chaussettes blancs.

 

       Par contre, le Westie montre parfois une légère coloration sable sur le dos ou même derrière les oreilles, teinte qui nous ramène vers le Cairn, mais nul ne peut dire avec certitude lequel est à l’origine des deux autres.

 

       La version la plus couramment admise quant à la parution de notre Westie reste la suivante : elles est basée sur des écrits datant de 1891 dans la revue « Les Chiens Ecossais », puis plus tard, en 1906, sur un article du Captain Mackie portant sur les terriers du Poltallock, qui décrit « ces petits chiens blancs de 8 à 10 Kg avec une longue tête et un nez souvent couleur chaire, la peua du corps généralement pigmentée avec des tâches crèmes sur les oreilles et le long de la ligne dorsale ».

 

 

      A cette époque Westies et Scotties n’étaient pas vraiment différenciés.

 

       Le colonel Malcolm, dont la famille était originaire de Poltalloch aurait sélectionné les chiens blancs parmi les naissances de terriers écossais. Ces chiots jusque là étaient éliminés car les chasseurs considéraient que la couleur blanche était un signe de dégénérescence.

 

       L’histoire raconte qu’au cours d’une partie de chasse, le colonel Malcolm tua un de ses meilleurs chiens roux qu’il confondit avec un renard au sortir d’un terrier. Suite à ce regrettable incident, il décida de ne sélectionner que des chiens blancs qui se détachaient beaucoup mieux sur la lance écossaise et qu’il ne risquerait pas de confondre avec du gibier.

 

       Hormis la couleur, la sélection de ces chiens se faisait sur l’instinct de chasse et on raconte que vers six mois, les chiots étaient plongés dans un tonneau contenant deux rats ou un blaireau. Quand le chien sortait victorieux du combat, il rejoignait la meute, sinon il était éliminé.

 

       Ces pratiques nous semblent maintenant barbares mais c’est peut être grâce à cette sélection rigoureuse que nos terriers sont aujourd’hui si solides !

 

       Les chasseurs et les braconniers de l’époque n’y voyaient qu’un coup de pouce à Mère Nature pour garder les meilleurs, tout en éliminant les plus faibles.

 

       Au début du siècle, les chiens blancs du Colonel Malcolm étaient connus sous le nom de « poltalloch blancs ».

       Deux autres éleveurs s’intéressaient à fixer cette race de terriers blancs : le Duc d’Argyll et le Dr Flaxman.

 

 

       La famille du Duc d’Argyll était originaire de Roseneath. Ses chiens avaient, paraît-il, un poil mou mais très blanc et étaient appelés des « Roseneath terriers ».

 

       Sur la côte est, le Dr Flaxman élevait aussi des chiens blancs issus d’une Scottie qui produisait invariablement des rejetons blancs dans chaque portée. Ses chiens avaient un poil souple, une pigmentation bien noire, un nez très noir, un corps plus lourd ainsi que le museau allongé du Scottie, plutôt que la tête arrondie avec le nez court du Poltalloch. D’autres lignées avaient une couleur plus beige, encore présente dans certaines lignées de Westie.

 

       Le colonel Malcolm et le Dr Flaxman étaient de grand concurrents en exposition, chacun défendant ardemment son type de chien. Dans le but d’apaiser les querelles, le colonel Malcolm proposa de changer le nom des terriers blancs connus jusque là sous le nom de « Poltalloch Terriers » ou encore « Roseneath Terriers », en « West Highland White Terriers » nom qui avait le double avantage d’indiquer à la fois les origines géographiques du chien, ainsi que sa couleur originelles. Ce nom fut accepté par le British Kennel Club et la race devint donc officielle vers 1900.

 

       En 1904, le premier club de race fut fondé avec comme Président le Duc d’Argyll. En 1907, la célèbre exposition de Cruft comportait déjà des classes pour les West Highland White Terriers. En 1908, 141 Westies étaient déjà répertoriés dans le Kennel Club Stud Book ; pour y figurer, il fallait que le chien soit inscrit au Kennel Club donc de race pure et ait reproduit au moins une portée. En 1907, il n’y avait encore aucun chien de cette race inscrit.

 

       La Première puis la Seconde Guerre Mondiale empêchèrent l’élevage de se développer mais certaines personnes passionnées firent d’énormes sacrifices pour sauver leurs meilleurs reproducteurs.

 

       Il faut bien sûr citer Mes May Pacey dont l’affixe « Wolwey » est derrière la plupart de nos pedigrees actuels. Les photos que l’on connaît de ses chiens nous montrent un type très caractéristique et notamment de superbes expressions que l’on se doit toujours de rechercher encore aujourd’hui.

 

       Cairns, Scotties et Westies sont les plus semblables des Terriers d’Ecosse et les anciens pedigrees montrent que les mariages inter races étaient pratiqués régulièrement. Il était fréquent de trouver un géniteur d’une race derrière des chiots de races différentes. A partir de 1920, le Kennel Club refusait d’enregistrer des chiens qui avaient des ancêtres de races différentes dans les trois premières générations, ce qui permit la séparation plus rapide des races.

 

       Différenciations au niveau de la couleur bien sûr, les robes pie disparurent et les types en tête s’affinèrent. Les éleveurs de Scottish Terriers sélectionnaient les têtes longues et assez fines avec l’oreille légèrement plus grande et plus haut placée.

 

       Les Cairn et les Westies s’éloignent du Scottie avec un crâne bien arrondi et un chanfrein raccourci par rapport au Cairn, la tête du Westie est plus large, le crâne plus fort et les arcades sourcilières plus marquées, l’ossature d’un Westie tout en étant moins lourde que celle de Scottie est plus importante que celle du Cairn. Le dos plus court est celui du Westie, celui du Cairn étant un peu plus long et celui du Scottie encore plus que celui du Cairn.

 

       Les éleveurs de Westies sélectionnèrent les chiens les plus carrés. Puis le toilettage s’empara de la race et permit d’amplifier ces différences. Pour pouvoir toiletter, il fallait plus de poil, la sélection s’orienta alors vers l’obtention d’un poil plat, fourni, dense et dur qui permettait à « l’artiste » de s’exprimer.

 

       Du coup nous voici bien loin de nos petits déterreurs écossais dont le Westie a tout de même, sous des aires plus raffinés, la rusticité, le format et le caractère enjoué. La couleur est maintenant fixée au blanc pur. C’est un chien au cœur immense, un compagnon idéal en toutes occasions, qui est présent sans être omniprésent.

 

       Il sait se faire discret mais ne se fera jamais oublier. Le Westie n’est pas bagarreur mais ayant une très haute estime de sa « personne », si on le cherche, on le trouve. Même si l’agresseur fait dix fois sa taille, le Westie ne reculera pas.

 

       Il vivra avec autant de plaisir vautré sur les coussins du canapé que dans un jardin dont il respectera les plantations si vous lui apprenez.

 

       Très dévoué à sa famille, son caractère égal le rend très avenant. Il ne peut cacher sa joie de vivre que le frétillement de sa queue trahit. Il comprend tout et sait se faire accepter même des plus hostiles.

 

       Le Captain Mackie fervent admirateur de cette race disait : « aucune eau n’est trop froide et aucun sol n’est trop profond pour lui ».

 

 

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